Publié dans Light Novel

Conscience (1)

L’air frais m’avais manqué. Ces derniers jours, tout ce que j’avais fais se résumait à jouer à des jeux vidéos et grignoter les restes des repas de mes parents.

Comme ils ne sont là qu’une à deux fois par semaine, je dois moi-même m’occuper des tâches ménagères ainsi que des courses. Mais soyons honnêtes, je ne suis pas fait pour ça, la seule chose que je m’oblige à acheter, c’est l’eau et du fromage, le reste, je peux m’en passer.

Bref, sur le chemin de l’allée, je rencontrais des voisins promenant leur enfant d’à peine deux ans. Pour tout vous dire, je ne suis une personne absolument pas normale, je peux facilement paraître calme et serein, alors que je ne le suis pas du tout. Bien évidemment, ce sont des défauts et non des qualités.

Ces voisins-là m’ont demandé de garder quelques minutes leur fils, le temps qu’ils achètent quelques viennoiseries à côté de chez-eux.

L’enfant fit quelques pas en ma direction, alors qu’eux, s’éloignaient de moi. C’était mal. Cependant, à ce moment-là, je chassais ma conscience agonisante de peurs et m’approchais du gamin. Je pouvais enfin, dans cette ruelle où n’y avait plus que moi et cet enfant, faire ce que j’imaginais faire depuis le début de ma rencontre avec cette petite famille.

Je le pris de dos, par ses deux bras, et commençait à le balancer, il rigola. Puis d’un seul coup, je le jetais au loin, il tomba sur son visage, je souris.

Oui.

C’était la sensation que je souhaitais atteindre depuis le tout début. Cette excitation qui ne parcours que l’âme, sans le corps.

Je respirais enfin à ma guise : calmement. Je le fis lever, il pleurnichais un peu. Et autant que lui ne fut surpris de ma violence, je fus surpris de le voir sourire.

Avait-il aimé ce que je lui avais fait endurer ? Non, c’était impossible, son visage était bien trop amoché.

Je refis les mêmes gestes, par curiosité et par plaisir, le blessant de plus en plus. Il continuait à sourire, jusqu’à rire tout doucement. Les pleurs ne duraient que quelques secondes, le reste, ne représentais que de la joie à mes yeux.

Je conclut que, logiquement, ces parents le faisaient souffrir de la même manière, ou peut-être pire, et cela à maintes reprises. Il devait inévitablement y avoir un point en commun entre l’un d’eux et moi. Cette sensation de ne pas être le seul psychopathe dans ton entourage rendait ta vision très glorieuse.

Lorsque les parents revinrent, la surprise fut encore plus colossale : ils ne voyaient (ou feignaient de le faire) rien d’anormal dans les blessures soudaines de leur fils, et ils me remercièrent !

Non, ça ne pouvait pas être ça… Ils ne savent rien sur moi, tout aussi bien que je n’en sais rien sur eux. Serait-ce alors quelque chose à laquelle je ne m’attendrais jamais ?

Une personne me bouscula en me criant de dégager du chemin, au moment de me retourner vers elle, je me réveillais sur mon lit.

C’était encore un rêve.

Je pris mon visage transpirant entre les mains, lâchant un grand soupire.

Cela fait à présent trois années que je vis des cauchemars réels dans mon sommeil. J’ai tout essayé : thérapies, antidotes, loisirs… Tout les spécialistes que j’ai rencontré m’ont incité à diminuer le stress, pourtant, ma vie n’a rien d’alarmant.

Je me tournais vers le radio réveil affichant 05:55. Il me restait encore une heure avant mon prétendu réveil, je me blottit alors sous ma couverture et fermais les yeux, priant intérieurement de me retrouver cette fois-ci dans la peau d’un jardinier, ou mieux, un koala.

à suivre…

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